L'histoire du Journal En Train

Tout a débuté il y a environ six ans. Fervent passionné de chemins de fer et à peine plus haut que trois pommes, je voulais publier mon propre livre sur les trains : un grand livre avec de nombreuses photos de tous les trains du monde. Le genre de livres devant lesquels nous autres passionnés de trains rêvons et bavons devant lorsque l’on est petit… Alors âgé d’une dizaine d’années, je voulais faire le plus beau livre du monde ! J’ai alors tout de suite pris ma plume et du papier. J’ai commencé à écrire et à dessiner avec mes propres moyens, soit à la main. Après avoir un peu avancé mon projet de livre, je me suis rendu compte que ça ressemblait plus à un journal qu’à un livre. De plus, avec le temps que cela nécessitait, je ne pouvais pas, et surtout je ne voulais pas attendre d’avoir tous les trains du monde dans mon livre pour le publier. C’est ainsi que le journal est né. Les deux premiers numéros avec des dessins à la main et une écriture manuscrite, photocopiés et reliés au format A5, avaient été distribués à différents membres de ma famille.

Grâce au soutien et aux encouragements de mes proches, j’ai continué la publication de mon journal qui s’est à chaque fois un peu amélioré. Le troisième numéro fut écrit et mis en page à l’ordinateur avec des images tirées de livres ou d’internet. Les numéros qui suivirent furent imprimés toujours en noir et blanc mais dès lors au format A4. Il y avait une petite évolution à chaque numéro. Il fallut encore attendre le cinquième numéro pour que la première page soit imprimée en couleur, le reste du journal toujours en noir et blanc. Au début, mes journaux étaient écrits juste à partir de différents documents (articles, livres, magazines, fiches d’information et internet). Avec le temps, j’ai commencé à me déplacer sur le terrain pour rencontrer des gens dans le domaine ferroviaire. Je me basais de plus en plus sur des récits et des faits vécus tout en m’appuyant sur des informations techniques de diverses sources fiables. Je me rappelle encore de mon premier reportage effectué au LEB à Echallens. J’avais même pu faire une petite course d’essai à bord d’une des six nouvelles rames qui avaient été livrées quelques jours auparavant et ne roulaient alors que pour des tests. J’étais fier d’être l’un des premiers passagers à voyager dans ces trains flambant neuf !

Au fil du temps, pour différents articles, j’ai eu la chance d’avoir pu visiter les entrailles et les bureaux de certaines entreprises ferroviaires, faire des courses dans les cabines de diverses machines, participer à des courses d’essai, assister à des chantiers et à d’autres événements ferroviaires en tant que jeune journaliste amateur. J’ai tout de même connu un échec lorsque j’ai vainement tenté de visiter Bombardier afin d’y faire un reportage. Vous pouvez très certainement vous l’imaginer, je n’ai pas publié un article sur chacune de mes sorties et visites dans le milieu ferroviaire.

Et puis fin 2011, grâce à G.G, j’ai entendu que l’imprimeur de Moudon était d’accord d’imprimer mon journal tout en couleur de manière professionnelle. Quelque temps après, je fais sa connaissance et le journal suivant, le vingt-deuxième numéro publié pour l’hiver 2012, est imprimé en A4 tout en couleur avec une reliure centrale. Ainsi mon petit journal ressemble à un véritable magazine !

Le journal connait encore des améliorations graphiques au fil du temps. Avec ma passion pour le multimédia et les sites web qui se développe, je crée fin 2012 un site web pour le Journal En Train qui sera ouvert au public début 2013. Mon journal a encore connu encore quelques légers liftings pour suivre les tendances graphiques du moment.

Et puis fin 2013, il est déjà temps de souffler les 5 bougies du Journal En Train. Mes lecteurs et moi-même se sont habitués à recevoir ma feuille quatre fois par année. Mes passions pour le multimédia et l’informatique, la photo et la vidéo, ainsi que celle pour les sports de montagne me prennent toujours plus de temps et je choisis finalement de stopper la parution du journal pour l’été 2014. Chose dite, chose faite. J’ai fait en sorte que tous les abonnements se terminent pour cette date.

Et c’est ainsi, un été parmi d’autres, que la merveilleuse histoire du Journal En Train se termine, cinq ans et demi après la parution du premier journal, vingt-deux numéros plus tard. Il vaut mieux terminer en beauté que dans le déclin !

Au total, ce sont près de 420 journaux entre 10 et 16 pages qui ont été distribués en 5 ans et demi pour une centaine d’abonnements conclus sur cette durée. Tous ces journaux forment ensemble un grand livre, le grand livre que je voulais éditer. Un livre avec 22 parties, une par numéro et environ 60 chapitres, un par article. Et la meilleure chose dans l’histoire est que non seulement, j’ai fait mon livre mais en plus, j’ai eu des lecteurs, vous par exemple, sinon j’aurais arrêté plus tôt, je vous l’assure ! Et la dernière page de ce grand livre est celle que vous êtes en train de lire maintenant. Je ne parle de loin pas de tous les trains au monde à l’intérieur mais ce n’est pas grave, il y en a déjà un certain nombre !

J’ai eu la chance de pouvoir faire l’expérience de ce que c’est que de rédiger, éditer, publier, distribuer, vendre et gérer un journal soi-même. J’ai réussi à tenir seul les rennes de mon journal du début à la fin même si j’ai eu un tout petit peu d’aide extérieure pour quelques tâches.

Oriel Steinmann, rédacteur en chef